Kylian Mbappé : "on s’est complètement loupés" face aux Pays-Bas

18 novembre 2018

Kylian Mbappé n’a pas cherché d’excuses à l’heure d’analyser la faible performance des Bleus face aux Pays-Bas, vendredi (0–2)

Quel regard portez-vous sur le match aux Pays-Bas ?

C’est un non-match, on s’est complètement loupés, alors que ce n’était pas le moment (…) À part Hugo (Lloris) qui a fait une remarquable performance, il n’y a aucun joueur qu’on peut sortir du lot. La prestation était inquiétante. Il n’y avait rien à tirer de ce match, on est dans l’obligation de réagir au plus vite et ça vient mardi.

Le match face à l’Uruguay prend-il une autre dimension ?

Oui, bien sûr. C’est un match amical contre une équipe qui ne considère aucun match comme amical. Ça va être important de tout de suite se mettre dans le rythme, répondre dans les duels, faire plaisir à tout le monde en gagnant, en proposant du beau jeu et en montrant notre meilleur visage. C’est notre dernière sortie en 2018 et on ne peut pas se permettre de boucler une si belle année avec un résultat négatif.

Didier Deschamps a trouvé que les Bleus étaient trop dans le confort aux Pays-Bas ? Comment recevez-vous ce message ?

Peut-être qu’il a ressenti qu’on était un peu trop détendu. C’est son point de vue, il faut respecter cela et le prendre en compte. Si le coach nous dit ça, c’est qu’il nous envoie un avertissement.

Comment jugez-vous votre relation avec Olivier Giroud et Antoine Griezmann sur le terrain ?

Sur le match contre les Pays-Bas, on ne peut pas se cacher, elle était faible. Ça vient plus de nous, c’est plus parce qu’on n’était pas au niveau que parce qu’il y a un problème entre les trois ou un manque de complicité. C’était un match loupé sur toute la ligne.

La fin des votes pour le Ballon d’Or a-t-elle causé une décompression pour vous ou Griezmann ?

Non, un relâchement je ne pense pas, parce qu’on est des footballeurs de haut niveau. Bien sûr qu’on a pensé un peu aux votes, que ça a boosté un peu chacun des joueurs. Mais on se doit de toujours être performant, encore plus pour le pays. On ne peut pas se permettre, parce que les votes sont terminés, de lever le pied, ce serait un manque de respect pour tous les gens qui nous soutiennent et nos coéquipiers. A aucun moment je n’ai levé le pied.

Q: Quel pronostic pour le Ballon d’Or ?

Cette année, il est beaucoup plus disputé. J’espère que ce sera un Français, ça récompensera notre aventure, mais c’est tellement serré que je ne peux pas vous donner un pronostic.

Q: Les défenseurs anticipent davantage vos accélérations. Comment voulez-vous faire évoluer votre jeu ?

Ça fait déjà un moment qu’on est plus observé. C’est bien, ça vous permet de développer d’autres choses, de progresser plus vite aussi. Affronter des grands joueurs, c’est enrichissant, c’est ce que je demande. C’est à moi de relever le défi comme il se doit. Si j’arrive à passer celui-là, il y aura d’autres défis encore au fil de ma carrière.

Q: Souhaiteriez-vous être complètement déchargé du travail défensif ?

Vous voulez que je vous dise la vérité ? Oui, mais ce n’est pas possible ! Il n’y a que deux joueurs qui ne défendent pas dans le monde (Lionel Messi et Cristiano Ronaldo). Ce sont des joueurs qui mettent 60 buts par saison. Le jour où je mettrai 60 buts dans une saison, on pourra peut-être amener la discussion.

Q: Comment voyez-vous votre évolution personnelle depuis le début de l’année 2018 ?

Il y a eu une grosse évolution. Si on prend le début de l’année, je commençais à être titulaire (en Bleu). La Coupe du monde m’a bien aidé aussi. J’ai réussi à marquer des buts. Je crois que je suis le joueur le plus décisif en 2018 en équipe de France. C’était une belle année, c’est grâce aux coéquipiers aussi… Maintenant il faudra confirmer.

Q: Vous vous êtes présenté comme un leader au PSG. Voulez-vous l’être en équipe de France et pas seulement sur le terrain ?

Non, non, non. Lorsque je parle de ça, je parle uniquement du terrain parce qu’en dehors, je suis quand même un joueur qui a une vingtaine de sélections, il ne faut pas tout mélanger non plus. Il faut savoir rester à sa place.

Q: Vous êtes champion du monde et candidat au Ballon d’Or. Que peut-on vous souhaiter pour vos vingt ans ?

Une Ligue des champions, un quadruplé national, plein de choses… Une bonne santé, un Euro… Gagner, gagner, c’est ce que je veux, c’est pour ça que je joue au foot, régner avec la France sur l’Europe et le monde. 

©Sud Ouest / Voir l'article

Image : ©JOHN THYS AFP

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article